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Entreprises disparues


Jean-Louis Emmenegger AIJP 

Quand Genève était un centre de la philatélie.
Verschwundene Genfer Händler. Als Genf noch ein Zentrum der Philatelie war.

Dans les années 1880 à 1950, Genève était une ville importante pour la philatélie en Suisse. On y trouvait des négociants, des experts, des revues et 5 sociétés philatéliques ! Petit coup d’œil rétrospectif. In den Jahren 1880 bis 1950 war Genf eine wichtige Stadt für die Philatelie in der Schweiz. Dort gab es Händler, Experten, Zeitschriften und fünf philatelistische Vereine! Ein kleiner Rückblick.

S’il n’y a aujourd’hui plus que deux sociétés philatéliques actives à Genève et environs (le Club Philatélique de Genève|CPG et le Club Philatélique de Meyrin|CPM), il y a quelques décennies, on en comptait cinq : l’Union Philatélique de Genève|UPG, le Club Philatélique de Meyrin, le Club Philatélique Aéropostal de Genève|CPAG, le Club Philatélique International de Genève (CPIG, à l’ONU) et celui d’Onex (qui a récemment fusionné avec l’UPG et le CPAG pour donner le CPG). Cette diminution du nombre de sociétés philatéliques à Genève traduit la baisse du nombre de collectionneurs de timbres-poste à Genève et environs, un phénomène qui touche toute la Suisse.

Les négociants en timbres-poste

Les magasins de timbres-poste ont longtemps eu pignon sur rue, et on allait chez eux pour acheter le dernier catalogue Zumstein ou celui du marchand lui-même, et pour acheter les timbres-poste qui nous manquaient, de tous les pays du monde ! Voici quelques noms de négociants genevois (la liste en compte une trentaine !) : Mestral, Muriset, Dousse, Babaeff, Mussot, Fath, Grundner, Fellay, Fauquex, sans oublier les Frères Champion (Adrien et Edmond ; Théodore est allé à Paris où son entreprise existe encore !). Leurs lettres avec leur adresse pré-imprimée au recto portent parfois des adresses différentes selon les déménagements de leur magasin ou adresse privée. Le dernier magasin de timbres genevois fut Fauquex Philatélie, qui a fermé il y a quelques années. Récemment, on a vu la création de maisons de ventes aux enchères et les plus connues actuellement à Genève sont Le Timbre Classique, David Feldman et la Maison Behr.

Enveloppe commerciale de E. Grundner, postée en recommandé, de 1907. Geschäftsbriefumschlag von E. Grundner, per Einschreiben verschickt, aus dem Jahr 1907.

Fournier et de Sperati

On ne peut bien sûr pas parler de philatélie à Genève sans évoquer deux célèbres noms, faussaires et|ou artistes : François Fournier (1846-1947) et Jean de Sperati (1884-1957). Fournier se qualifiait « Editeur d’art » et publiait son bulletin « Le Fac-Similé ». Il est considéré comme le plus célèbre des faussaires ! Sperati n’a jamais eu de magasin à Genève. Il œuvrait à Genève et travaillait avec un marchand. Il est très connu pour avoir produit ce qu’on appelle les « faux Sperati », qui sont des reproductions de timbres-poste.

Les experts philatéliques

On comptait aussi quelques experts de renom, comme le Dr Georges Fulpius (1896-1955). Expert dès 1920 pour les timbres suisses Durheim (Ortspost, Poste Locale, Rayon I, II, III), il a rédigé de nombreux articles de recherche sur la philatélie classique de Suisse. Il est notamment l’auteur d’une étude remarquée : « La Poste à Genève de l’origine à 1851 », publiée par l’UPG en 1943. En 1953, il a signé le « Roll of Distinguished Philatelists ». À mentionner aussi l’expert genevois Alain Von der Weid. Aujourd’hui, on ne trouve plus qu’un seul expert en philatélie (depuis 1984) : Jean-Claude Marchand, bien connu des philatélistes romands.

Enveloppe commerciale de R. Dousse, de 1951. Werbeumschlag von R. Dousse aus dem Jahr 1951.

En-tête de lettre de Adrien Champion. Briefkopf von Adrien Champion.

Enveloppe commerciale de François Fournier, de 1913. Werbeumschlag von François Fournier aus dem Jahr 1913.

Revues, catalogues et bulletins

À cette époque, la presse philatélique était très active. Une étude (voir sous « Sources ») et les compléments reçus du CPM mentionnent les publications philatéliques suivantes : La Suisse Philatélique (Louis Mestral), Le Commerçant de timbres-poste, L’Annonce Philatélique, Revue Philatéliste, Le Messager Philatélique, Le Philatéliste Suisse et la Revue Philatélique Suisse (éditée par Paul Stroehlin à Genève dès janvier 1891). Mentionnons encore les listes de prix publiées par les négociants, ainsi que « Die Briefmarken Börse » éditée à Genève dès 1887 par Hans Kirchhofer et Adrien Champion. Enfin, rappelons que chaque société mentionnée au début de cet article publiait son propre « bulletin » envoyé à ses membres, ce que font encore les deux sociétés actives aujourd’hui, le CPM et le CPG. S’agissant des catalogues, le spécialiste V. Schouberechts indique que le 1er catalogue suisse est celui publié en 1864 (en allemand) par l’éditeur Georg, qui était établi à Genève et Bâle. Pour les collectionneurs passionnés du passé, il peut être intéressant de chercher des documents (enveloppes, cartes, catalogues, revues, annonces, etc.) de cette époque riche de la philatélie à Genève, pour créer une petite collection originale !

Sources

Je remercie Christian Noir, du Club Philatélique de Meyrin, pour ses informations et certaines des illustrations de cet article. « The Beginnings of Philatelic Literature in Switzerland, 1864-1925 », de Jean Voruz, 2012. « Jean de Sperati, l’homme qui copiait les timbres », de Lucette Blanc-Girardet, Editions Paschaft, 2003 ; de nombreux articles philatéliques lui ont été consacrés, de même qu’à François Fournier.

Sainte-Croix a été un centre industriel réputé.
Sainte-Croix war ein bekanntes Industriezentrum.

La région de Sainte-Croix était un centre industriel réputé de mécanique de précision de 1915 à 1985. Des firmes très connues ont exporté leurs produits dans le monde entier.
Die Region Sainte-Croix war von 1915 bis 1985 ein renommiertes Industriezentrum für Feinmechanik. Sehr bekannte Firmen exportierten ihre Produkte in die ganze Welt.

Souvent appelée le « balcon du Jura », la région de Sainte-Croix dans le canton de Vaud, a vécu des années de gloire, grâce au tourisme d’été et d’hiver, mais aussi grâce à ses entreprises industrielles de renommée mondiale. Mais elles ont, hélas, toutes disparus. Heureusement, des documents existent encore pour témoigner de l’important passé économique de la région.

Enveloppe et carte postale commerciale de « E. Paillard & Cie, Ste-Croix », de 1908 et de 1931. Briefumschlag und Werbepostkarte von «E. Paillard & Cie, Ste-Croix» aus den Jahren 1908 und 1931.

Bloc pour la Journée du timbre 2017 à Sainte- Croix, à droite avec le motif d’une boîte à musique.Block zum Tag der Briefmarke 2017 in Sainte- Croix, rechts mit dem Sujet einer Musikdose.

Fleurons de l’industrie du Nord vaudois

C’est au début du 18e siècle que Sainte-Croix devient une commune industrielle (minerai de fer, sidérurgie, textile et tissage), puis un centre horloger, et enfin un centre de compétence pour la mécanique de précision. Pour tous les habitants de Sainte-Croix et de sa région, la disparition des fleurons de l’industrie de mécanique de précision, dont la réputation était mondiale, fut une page difficile à tourner. Les usines de Sainte-Croix fabriquaient des appareils de marques de renommée mondiale, comme Paillard (radios), Bolex (caméras), Hermes (machines à écrire), Thorens (tourne-disques), Reuge et Lador (boîtes à musique), et, en plus, des produits de micromécanique pour d’autres entreprises suisses. Le fait qu’elles aient dû fermer, pour la plupart dans les années 1985, reste un souvenir pénible pour les habitants de la région. Pour les collectionneurs de la région, les enveloppes de ces célèbres entreprises, avec leur nom imprimé au recto et postées à Sainte-Croix, constituent des pièces historiques intéressantes, tout comme celles contenant des commandes qui leur étaient adressées de pays lointains. De 1965 à 1985, les lettres de ces entreprises furent affranchies avec des machines à affranchir (empreintes mécaniques rouges) portant leur nom et logo, et elles sont les témoins d’un passé encore assez
récent.

Enveloppe de « Hermann Thorens, Ste-Croix », de 1919. Briefumschlag von «Hermann Thorens, SteCroix» aus dem Jahr 1919.

EMA des entreprises « Hermes » (1968) et « Bolex » (1983) à Yverdon. Firmenfreistempel der Unternehmen «Hermes» (1968) und «Bolex» (1983) in Yverdon.

Boîtes à musique et automates

La mécanique de précision a toujours été « la » compétence première de la région, et son origine remonte à l’époque où les habitants, des paysans pour la majorité, étaient aussi des horlogers qui travaillaient chez eux le soir. Les entreprises horlogères et industrielles ont ensuite pris la relève en ouvrant plusieurs usines de fabrication et de montage. Aujourd’hui, Sainte-Croix a en partie réussi sa reconversion puisque l’électronique et ses composants représente le principal secteur indu­s­triel. La maison Reuge, qui est aujourd’hui encore mondialement connue pour ses boîtes à musique, y est établie depuis 1865. De plus, plusieurs marques réputées de montres ont des ateliers dans la région. La brochure mentionnée en « Source » donne la liste complète de toutes les entreprises qui étaient établies à Sainte-Croix et environs et leur domaine d’activités. À noter que Sainte-Croix compte trois musées : le Musée Baud, le Musée des arts et des sciences et le CIMA (Centre International de la Mécanique d’Art). Ces trois musées sont très connus pour leurs boîtes à musique et leurs automates.

Illustrations

Nous remercions Jean-Pierre Mollard, président de la Société Philatélique de Sainte-Croix, pour les informations transmises et les illustrations de certaines pièces montrées ici.

Sources

  • « Sainte-Croix, Cinq siècles d’histoire industrielle »,
    de Jean Reuge
  • Cahier No 5 du Musée des Arts et des Sciences de Sainte-Croix », 80 pages, 2006
  • Articles de presse