1956 Olympische Winterspiele in Cortina d’Ampezzo.
1956 Jeux Olympiques d’hiver de Cortina d’Ampezzo.
Entre 1860 et 1900, Cortina d’Ampezzo devient une destination alpine prisée des voyageurs austro-hongrois, anglais et allemands pour le tourisme estival (alpinisme, paysages des Dolomites), mais elle est sans doute devenue la prestigieuse station de sports d’hiver qui va accueillir les prochains jeux grâce à la construction de la Grande Route des Dolomites.
Celle-ci devait relier Bolzano à Cortina d’Ampezzo en passant par le col du Pordoi. Les travaux ont commencé en 1901 sous la direction de l’architecte Theodor Christomannos et se sont terminés en 1909. Christomannos, visionnaire et pionnier du tourisme, lança la devise : « Sans routes, pas d’hôtels ; sans hôtels, pas de routes. » (Fig. 1).
Fig. 1 : 3 juillet 1929. Cachet du bureau de poste de l’hôtel HOTEL PORDOI, STRADA DELLE DOLOMITTI, qui se trouve au Col de Pordoi.
L’achèvement de cette route fut un événement d’une grande importance, tant sur le plan économique que symbolique, car il marquait l’ouverture définitive des Dolomites au tourisme international.
Après le rattachement au Royaume d’Italie (1918-1920), Cortina devient la vitrine alpine du pays, soutenue par le régime fasciste qui développe le sport comme symbole national. Entre 1920 et 1927, on développe des pistes de ski alpin, du patinage, et surtout du bobsleigh, discipline très populaire en Italie, la Pista Olimpica de bob (une des premières pistes de bob d’Europe). On considère cette période comme la naissance de Cortina en tant que station internationale de sports d’hiver.
En 1932, Cortina d’Ampezzo obtient l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de 1944, mais ils n’auront pas lieu en raison de l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Les 30 et 31 janvier 1937, Cortina organise le Championnat du monde de bobsleigh (Fig. 2) , épreuves de bob à deux, qui consacre la station comme un centre mondial du sport d’hiver. Les épreuves de bob à quatre se tiendront du 14 au 15 février 1937 à Saint-Moritz.
Fig. 2 : Flamme de propagande de 1936, CORTINA CAMP. MONDIALE BOB INVERNO 1937 annonçant le championnat du monde en janvier 1937.
VIIe Jeux Olympiques d’hiver
La sélection de la ville hôte des jeux d’hiver 1956 a lieu à Rome, pendant la 43e session du CIO, le 27 avril 1949. Grâce à la délégation italienne, menée par le comte Bonacossa, (Fig. 3). membre du CIO. et président de la fédération italienne de ski, Cortina est choisie (Fig. 4). Les VIIe Jeux Olympiques d’hiver auront lieu du 26 janvier au 5 février 1956 (Fig. 5).
Les Jeux de Cortina d’Ampezzo 1956 furent les premiers Jeux Olympiques d’hiver à être retransmis en direct à la télévision, en noir et blanc, à un public multinational de huit pays européens (Fig. 6). Lors de la cérémonie d’ouverture (Fig. 7), lepatineur de vitesse Guido Caroli arrive avec la torche olympique et tombe en se prenant les pieds dans un câble de télévision. Ouf ! La flamme olympique ne s’est pas éteinte : il peut ainsi embraser la vasque.
Fig. 3 : Le comte Alberto Bonacossa est l’un des plus importants et influents dirigeants sportifs italiens du XXe siècle. Il était membre du CIO de 1925 jusqu’à son décès en 1953.
Fig. 4 : Cortina et le Pomagagnon, 2’450 m d’altitude, chaînon montagneux des Dolomites ampezzanes. Il surplombe de 1’200 m la station de Cortina d’Ampezzo, dont il est une des montagnes les plus familières.
Fig. 5 : Empreinte de machine à affranchir du CONI (Comitato Olimpico Nazionale Italiano) à Rome annonçant la date des jeux.
Fig. 6 : 1969, flamme de propagande. Les années 1960 marquent une considérable expansion de la télévision en Europe. La couleur arrivera en 1967 en France.
Fig. 7 : Carte maximum (« Stade du ski ») du jour d’ouverture des jeux, avec cachet du centre de la presse.
Fig. 8 : Bulletin officiel d’annonce du Ministère de la poste et des télécommunications, oblitéré du cachet mécanique du siège du ClO, 26 janvier 1956, premier jour d’émission, envoyé à titre de remerciements aux sponsors, invités et dépositaires des timbres commémoratifs.
Fig. 9a|b : Le premier bureau de poste des jeux comportant un cachet manuel (SEDE CIO) et une oblitération mécanique est ouvert au public le 23 janvier 1956, à l’Hôtel Miramonti, siège du Comité international olympique,à l’occasion de sa 51e session.
Fig. 10 (en haut) : Oblitération mécanique du 3 février, jour de la descente masculine remportée par Tony Sailer. C’est son troisième succès dans les disciplines de ski alpin, devant Raymond Fellay, Suisse et Anderl Molterer, Autriche. Fig. 11a|b (en bas) : STADIO DEL GHIACCIO (stade de glace). 26 janvier, premier jour d’utilisation du cachet manuel et de l’oblitération mécanique (il y en a eu 18 différentes en service). 3 février, finale du hockey sur glace. Les Soviétiques remportent l’or.
Fig. 12 : Lettre du 31 janvier avec l’oblitération mécanique relative au patinage artistique féminin où Tenley Albright (USA) obtiendra sa médaille d’or.
La série commémorative de quatre valeurs représente les installations les plus importantes construites à Cortina d’Ampezzo et divers chaînons montagneux dans les Dolomites (Fig. 8). Le papier qui a servi à imprimer cette série provient de deux fabricants. Ainsi, on trouve des timbre imprimés sur du papier comportant deux filigranes différents. Le premier bureau de poste des jeux est ouvert au public le 23 janvier 1956, à l’Hôtel Miramonti, siège du Comité international olympique (Fig. 9a|b).
Les grands moments des Jeux
Toni Sailer entre dans la légende. L’Autrichien de 20 ans illumine les Jeux : triplé historique en descente, slalom et slalom géant. Son style, sa vitesse et son assurance fascinent le monde entier. Sailer devient l’icône de Cortina 1956 (Fig. 10). Ces Jeux ont marqué les débuts de l’équipe d’URSS, qui s’est adjugé 16 médailles, plus qu’aucune autre nation. Ses patineurs de vitesse ont remporté trois des quatre épreuves au programme, alors que son équipe de hockey sur glace a mis fin à la domination du Canada (Fig. 11a|b).
La montée en puissance des femmes
Les États-Unis ont dominé la compétition de patinage artistique. Tenley Albright s’est imposée chez les femmes le 31 janvier (Fig. 12). Une Suissesse, Renée Colliard, 22 ans, domine la première manche du slalom spécial le 30 janvier et assure son succès dans la seconde : elle s’adjuge la médaille d’or avec plus de trois secondes d’avance sur l’Autrichienne Regina Schöpf (Fig. 13). Une autre Suissesse, Madeleine Berthod, triomphe en descente, le 1er février, jour de ses 25 ans, devant sa compatriote Frieda Dänzer, avec un écart incroyable de 4,7 secondes (Fig. 14).
Le bobsleigh : le frisson de Cortina
Sur sa piste mythique, Cortina voit briller ses champions. L’Italie remporte l’or (Lamberto Dalla Costa et Giacomo Conti) et l’argent (Eugenio Monti et Renzo Alverà) en bob à deux, et l’argent en bob à quatre (Eugenio Monti, Ulrico Girardi, Renzo Alverà, Renato Mocellini). Cette dernière épreuve sera remportée par l’équipe suisse (Franz Kapus, Gottfried Diener, Robert Alt, Heinrich Angst). Les épreuves, spectaculaires et très suivies, imposent la piste de Cortina comme l’une des plus belles du monde (Fig. 15).
Les Jeux de Cortina 1956 lèguent à l’Italie une tradition sportive renouvelée, des infrastructures modèles et une notoriété internationale qui perdure. Comme l’a récemment dit la présidente du CIO Kirsty Coventry au sujet de Milan-Cortina 2026, ces jeux tireront parti des installations existantes et seront organisés dans des régions où les sports d’hiver font partie intégrante de l’identité locale. C’est l’illustration concrète d’un nouveau modèle olympique, où durabilité, tradition et innovation se conjuguent à la perfection. Sur la trêve olympique, résolution adoptée par les Nations Unies à New York le 19 juillet 2025, la présidente du CIO a déclaré « Partout dans le monde, les conflits et les divisions continuent de causer des souffrances indicibles. Dans un tel monde, le sport – et les Jeux Olympiques en particulier – peut offrir un espace unique où les gens se rassemblent non pas en tant qu’adversaires, mais en tant qu’êtres humains. Lorsque les athlètes se retrouvent, ils font abstraction de leur nationalité, de leur religion et de leur origine. Ils se considèrent mutuellement comme des athlètes. Ils représentent l’humanité dans ce qu’elle a de meilleur. Tel est l’esprit de la Trêve olympique : un appel à mettre de côté ce qui nous divise et à nous concentrer plutôt sur ce qui nous unit ».
Fig. 13 : Carte envoyée par les athlètes suisses le 3 février, jour de compétition de bobsleigh. Signatures de Renée Colliard, médaille d’or au slalom et Frieda Dänzer, médaille d’argent en descente. Un document postal avec des signatures originales agrémente avantageusement une collection.
Madeleine Berthod.
Fig. 14 : Lettre du 1er février, jour de la descente féminine où Madeleine Berthod (signature originale) remporte la médaille d’or. La République Dominicaine émet un timbre-poste, dentelé et non dentelé, en son honneur.
Fig. 15 : Oblitération mécanique du 3 février, 1er jour de l’épreuve de bob à quatre.
Références
Illustrations : Fig. 1 à 4, 6, collection Ottonin, fig. 5 à 7, 8 à 15, collection Bommottet Documentations personnelles des auteurs Journal « 24 Heures » des 12 et 21 novembre 2025 Site internet du Comité olympique international Internet
