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Interview de Roberto Lopez


Roberto Lopez est le président de la Fédération des Sociétés philatéliques suisses depuis 2022.
Roberto Lopez ist seit 2022 Präsident des Verbandes Schweizerischer Philatelistenvereine.

« Ma femme comprend ma passion pour les timbres. »

Jean-Paul Bach : Qu’est-ce qui est proposé philatélistiquement dans ton canton ?

Roberto Lopez : Dans le Canton du Jura il ne reste que deux clubs, La Société Philatélique des Franches Montagnes et le Club Philatélique de Delémont et environs. Il est malheureusement très difficile de motiver les clubs, et c’est valable pour toute la Suisse, à investir leurs réserves d’argent pour la promotion de la philatélie et la formation des collectionneurs. Pour moi ce sont les deux piliers les plus importants.

Combien de temps passes-tu avec les timbres ?

Je passe au moins une heure en moyenne par jour (la semaine un peu moins et le weekend beaucoup plus).

Est-il important pour toi de participer aux soirées du club des collectionneurs ?

Oui, déjà pour informer les membres sur ce qui se passe dans la scène philatélique. Je suis toujours partant pour soutenir des clubs actifs, mais pas ceux qui se reposent sur leurs lauriers, car ce n’est pas le moment de s’endormir.

Les clubs de collectionneurs de timbres sont-ils toujours pertinents aujourd’hui ?

Les échanges personnels sont le plus important, même si notre société se digitalise de plus en plus. Le monde digital est important pour acquérir du matériel qui provient de partout dans le monde.

Que penses-tu de la politique d’émission de la Poste suisse ?

La Poste a une position très difficile car elle risque que le timbre disparaisse. Nous avons encore une commission des timbres auprès de la Poste qui s’engage énormément pour le maintient de la philatélie. Des collectionneurs mécontents ? Ils existeront toujours, hélas, mais ces personnes-là n’ont malheureusement aucune idée de ce qui se passe derrière les coulisses.

Investis-tu beaucoup d’argent dans ta collection ?

Je pense que le mot « investir » est mal choisi, en philatélie à mon niveau. J’achète ce qui me fait plaisir, ce qui me permet d’améliorer mes collections et parfois simplement pour écrire un article dans le bulletin d’information du club des Franches Montagnes. Ceux qui veulent investir… je trouve que c’est un mauvais investissement. Collectionnez pour le plaisir et non pour l’argent !

Ta famille comprend-elle ta passion pour les timbres ?

Ma femme oui, mes enfants non. Mais est-ce que je collectionne pour faire plaisir à mes enfants ? Non. Finalement, je ne leur demande pas de l’argent pour m’acheter mes timbres.

Parviens-tu à enthousiasmer d’autres personnes pour la philatélie ?

Le plus grand plaisir est quand je reçois de retours de gens qui montrent de l’intérêt à commencer une collection. Oui, il arrive que des gens très discrets commencent à montrer leurs collections. Ça c’est beau !

Jeunesse et philatélie : comment vois-tu l’avenir ?

Un sujet très difficile. La jeunesse est très volatile. Aussitôt ils s’intéressent comme ils se désintéressent d’une minute à l’autre. Stefan Sägesser fait un grand travail au sein de la fédération avec le but de laisser une petite graine philatélique qui pourra se développer avec le temps.

Es-tu satisfait du JPhS ?

Le journal philatélique Suisse est un plein succès car les articles sont variés et il y en a pour tout le monde. À cette place un grand merci à Christina Rölli pour son travail.

As-tu une pièce préférée qui représente ton canton ? 

Il s’agit d’une lettre (BoM) de Montsevelier à destination de Porrentruy avec un cachet de transit violet de Mervelier. Un document qui ne paie pas de mine avec un cachet nain peu fréquent (voir illustration).

Qu’est-ce qui t’a initialement inspiré à collectionner des timbres ?

J’ai commencé à rassembler des lettres en provenance de l’étranger et c’est le voyage que ces documents ont parcouru qui m’ont attiré à la philatélie.

As-tu des souvenirs ou des histoires particuliers liés à des timbres de ta collection ?

L’ancien président du CPDE, Amédée Roueche †, m’a introduit dans la philatélie. Et ça n’aurait pas été possible si je n’étais pas rentré dans ce club.

Comment t’informes-tu sur les tendances ou développements en philatélie ?

Je suis membre de plusieurs clubs, entre autres aussi le Consilium Philateliae Helveticae. Dans ces sociétés j’ai eu la chance de faire connaissance avec beaucoup de monde formidable, bienveillant et pas avare en ce qui concerne le partage d’informations et de connaissances.

Quelle est selon toi la place de la numérisation dans la philatélie ? A-t-elle influencé ta collection ?

La numérisation est de nos jours le point le plus essentiel si nous voulons continuer à rester à jour et surtout d’attirer des collectionneurs qui ne veulent pas faire partie d’une société. EIle est importante aussi pour la recherche car notre littérature spécialisée peut nous apprendre beaucoup de choses et nous aide aussi à continuer à développer la philatélie. J’ai déjà trouvé des vieux articles avec des informations incroyables.

Quelles difficultés as-tu rencontrées en collectionnant des timbres ?

Le problème majeur je l’ai trouvé auprès de personnes qui ne veulent pas partager leurs connaissances de peur que les pièces qu’ils cherchent deviennent plus chères après à l’achat. C’est déplorable comme attitude.

Quelle importance accords-tu aux contacts internationaux avec d’autres philatélistes ?

La philatélie ne s’arrête pas à la frontière suisse. Au niveau international j’ai pu côtoyer des personnes humbles avec des connaissances immenses.

As-tu participé à des expositions ou compétitions nationales ou internationales ? Quelles expériences en as-tu tirées ?

Oui. Cela permet d’élargir son horizon philatélique. Celui qui réduit la voilure doit ramer pour avancer.

Y a-t-il des événements ou des salons que tu recommandes particulièrement ?

Il faut visiter toutes les expositions en Suisse et celles de nos voisins limitrophes. On trouve d’autre matériel et, surtout, c’est une expérience inoubliable.

Quels conseils donnerais-tu aux débutants qui souhaitent se lancer dans la philatélie ?

Collectionnez pour votre plaisir. Ne partez pas avec l’idée de « Comment vais-je revendre ma collection plus tard ? ». Focalisez-vous sur un sujet, documentez-vous là-dessus et cherchez le matériel en question.

Que fais-tu des doublons ou des timbres que tu n’utilises plus ?

Ce que je n’utilise plus je le vends ou je l’échange, cela dépend.

Quelle importance as-tu à comprendre l’histoire derrière les timbres ?

La Poste se donne beaucoup de peine à fournir des timbres qui nous racontent une histoire comme par exemple « Les inventions suisses ». Aujourd’hui les timbres nous racontent des histoires et dans le temps on se focalisait sur l’affranchissement et l’acheminement du courrier. Les temps ont changé et il faut l’accepter. Comme l’a dit un ami : « Qui ne va pas avec le temps, s’en va avec le temps. »

Quels sont selon toi les malentendus les plus fréquents concernant la philatélie ?

Le philatéliste n’est pas le vieux monsieur fumant la pipe avec une loupe et une brucelles dans chaque main. La philatélie n’est pas un moyen d’investissement, mais un moyen pour se faire plaisir et apprendre davantage.

Entretiens-tu des amitiés avec d’autres philatélistes ?

Bien entendu. Le fait d’être membre de plusieurs sociétés et de visiter régulièrement les bourses m’a permis de rencontrer pas seulement des philatélistes mais aussi des vrais amis. Cela n’aurait pas été possible en restant devant mon écran d’ordinateur.

Te souviens-tu d’une expérience particulière liée à ta passion ?

La réception de la médaille du Consilium par Jean Voruz qui est décernée pour l’engagement dans la philatélie. Et je veux continuer sur cette voie (tout en sachant qu’il n’y en aura pas une deuxième).


Lettre (BoM) avec cachet de nain de Montsevelier à destination de Porrentruy avec un cachet de transit violet de Mervelier.
. Brief (BoM) von Montsevelier nach Porrentruy mit einem violetten Transitstempel aus Mervelier. Unscheinbares Dokument mit einem seltenen Zwergstempel.



Les armoiries du canton du Jura comportent trois barres argentées sur fond rouge à droite et une crosse épiscopale, plus précisément une crosse de Bâle, à gauche. Les sept bandes ainsi formées représentent les sept districts administratifs du canton de Berne qui, dans le cadre de la question jurassienne, faisaient partie d’un éventuel canton du Jura. Finalement, le canton du Jura ne comprenait que trois districts, à savoir Delémont, Porrentruy et les FranchesMontagnes.